04 juin 2009
"Voyoucratie" et éthique.
Dans un monde où les valeurs se perdent, où les principes dictant les conduites se font et se défont au gré des situations et des intérêts en jeu, il serait salvateur de parler un instant d’éthique.
Le mot désigne ce qui règle les conduites admises et pratiquées dans une société donnée. Le terme fait actuellement partie de notre discours quotidien. On parle de l'éthique de la science, de l'éthique de la médecine, de l'éthique du journalisme, mais on parle aussi de l'éthique en politique. Or, jour après jour, on s’aperçoit que beaucoup de nos concitoyens méconnaissent ou se plaisent à méconnaître les principes de moralité véhiculés par ce terme.
Entrer dans le champ vaste et complexe de la politique avec des idées constructives et fortement nationalistes pour les oublier au bout de quelques semaines d’exercice voilà un exemple qui mérite qu’on s’y intéresse.
Qu’est-ce qui transforme ainsi l’individu ? Est-ce le désir d’aller plus haut dans les sphères des responsabilités et donc de l’échelle sociale ? Est-ce le désir de servir autrement ? Est-ce là des cas d’amnésies méconnues par la médecine et provoqués par le nouvel environnement dans lequel baigne l’individu ? Beaucoup de questions nous viennent à l’esprit. Cependant, les réponses possibles éclairciraient certains cas mais ne pourraient être érigées en règle générale.
Le cas que nous avons connu tient à des considérations très basses. Nul besoin d’être psychiatre pour connaître ses motivations. Un individu que le RCD a sorti de l’anonymat, à qui le RCD a permis d’arriver à un poste de responsabilité s’est cru plus important que tous ceux qui l’entouraient. Un Arias des temps modernes. Pourtant, il n’avait aucune connaissance en gestion, ni en finance encore moins en économie. L’administration était pour lui un monde inconnu. Ses rapports humains ne sont pas meilleurs. Un air hautain et dédaigneux était continuellement affiché. Le misanthrope de Molière n’aurait pas fait mieux. Les remarquables manières, les bons sentiments, les honorables intentions montrés au début de l’aventure électorale ont fondu comme neige au soleil. Ne l’intéressait que l’aisance du poste et les cérémonies protocolaires. Il se montrait de plus en plus arrogant et de plus en plus indiscipliné. Le RCD, gérant ce cas avec sagesse, a tout fait pour que cet énergumène retrouve ses sens et ses repères. Mais il n’en fut rien.
Exclu du RCD, il est allé claironner qu’il avait démissionné. Démis de ses responsabilités, il est allé se réfugier dans le camp de nos contradicteurs attitrés. Hué par ceux qu’il méprisait, il gémit à qui veut bien l’entendre qu’il était le défenseur de la veuve et de l’orphelin, qu’on ne l’a pas laissé travailler parce qu’il était attaché aux principes d’éthique.
Comment peut-on parler d’éthique quand on s’acoquine avec un barbouilleur pour débiter des mensonges et des énormités que réprouve la morale. D’ailleurs quel crédit accorder aux écrits d’un gâte-papier condamné à plusieurs reprises par la justice pour diffamation et pour corruption ?
Quel crédit accorder à un scribouillard qui dans ses gribouillis encense le pouvoir et le critique «anonymement» et vertement sur le Net ?
Comment peut-on parler d’honnêteté, quand une fois déchargé de ses tâches, on se presse de divulguer des secrets inhérents à sa fonction ? Comment peut-on parler de morale et d'honneur lorsqu'on se trouve des accointances avec des individus sans vergogne, des prédateurs ? Non, cela n’a rien d’éthique.
Enfin, considérer que la démocratie, c'est l’anarchie, c’est faire selon les humeurs et les compromissions des uns et des autres ; considérer le fait de veiller rigoureusement et sans aucune concession aux intérêts des citoyens est du despotisme, sont là des signes graves de dégénérescence mentale.
Messieurs, vous, qui vous êtes constitués en ennemis farouches (et non adversaires loyaux) du RCD, apprendriez beaucoup à l’école du RCD. Vous y découvririez alors ce qu'est l'humilité, l'abnégation et le vrai dévouement pour la patrie. Mais….
A toute fin utile, méditez ce passage de L. Schwartzenberg, extrait de son livre Face à la détresse, (1994.):
« Lorsque vous détenez une information que vous ne publiez pas ou que vous "arrangez", vous n'êtes pas un journaliste, vous êtes un censeur, un faussaire ou un courtisan.
Lorsque, dans la vie publique, vous vous attachez plus à votre carrière qu'à l'intérêt des citoyens par lesquels et pour lesquels vous avez été élu, vous n'êtes pas un homme politique, vous êtes un imposteur.
Quand on s'écarte du chemin de sa vie, on triche. Chaque métier, chaque type d'activité s'accompagne d'une attitude de rigueur qui lui est propre : c'est sur elle que repose la morale d'une conduite, ou (pour reprendre un mot un peu vieux jeu, lui aussi) son honneur.
…Nous sommes entrés dans l'ère de la " voyoucratie " ».
Commentaires
Merci
merci pour cette vérité qui était bonne à dire et bonne à toujours rappeler.
mohamed
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