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RCD. Rassemblement pour la culture et la démocratie.Bureau régional de Skikda. Algérie.

27 mai 2009

Intervention du député Mohamed Khendek sur le plan d'action du gouvernement

Monsieur le Président.

Monsieur le Premier Ministre.

Mesdames et Messieurs les Ministres.

Mesdames et Messieurs les Députés.

La famille de la presse.

S’il y a un secteur parmi tant d’autres qui inquiète les algériens, c’est bien celui de la santé et de la population.

Ce secteur connaît aujourd’hui une anarchie, qui est la conséquence directe de l’absence depuis l’indépendance d’une politique de santé publique concertée et étudiée pour le moyen et long terme.

La corruption et l’opacité qui caractérise la gestion de ce secteur – à l’instar – des autres rendent impossible toute avancée palpable.

Aujourd’hui, ce même constat est partagé par tous y compris par les bailleurs de fond à savoir l’Etat et les Caisses d’Assurances.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, à la lecture du paragraphe réservé dans ce plan d’action au domaine, il n’y a point de place à la concertation et au dialogue avec ses véritables acteurs. Cette phase est aujourd’hui la plus importante. Car, la dépense de sommes faramineuses ou la réalisation d’infrastructures, n’ont jamais été les seuls  gages de réussites.

Dans quel état se retrouve le système de santé algérien ?

Les prestataires de services- qui sans eux aucune réforme ne peut aboutir- n’arrêtent pas de tirer la sonnette d’alarme à travers leurs différents syndicats. Ils demandent  d’instaurer des passerelles entre eux et les pouvoirs publics pour une meilleure approche des problèmes et une vision plus claire des solutions. Ces dernières passent obligatoirement  et à juste titre, par l’amélioration de leurs conditions de travail et de leurs statuts particuliers qui doivent être à la hauteur de leurs sacrifices. Le conflit persiste à cause de la non satisfaction des engagements de l’Etat. Les conséquences dues à l’absence de dialogue et de vision sont nombreuses :

A titre d’exemple, le mouvement de protestation enclenché par les hospitalo-universitaires et qui a duré trois mois vous a contraint à réagir monsieur le premier ministre. Alors pourquoi, vous avez attendu tout ce temps pour le faire. A croire que vous aimez les situations de pourrissement. Les conséquences de cette négligence sont nombreuses. Les malades ont payé et payeront encore les frais de cette gabegie.

Les professionnels, certains partent chez le privé, d’autres sont déjà installés à l’étranger est une preuve du marasme qui y règne.

Les prestations des assurances sociales sont aujourd’hui obsolètes et dépassées. Le cas  des remboursements des frais médicaux est des plus édifiants. Le prix le moins chère d’une consultation spécialisée est de 600 DA, la caisse des assurances en rembourse 100 DA seulement.

Le citoyen est mal pris en charge, et mal soigné. L’accès aux soins spécialisés, à l’hospitalisation et aux examens para cliniques relève du parcours du combattant.

Peut on parler de médecine gratuite, alors que la plus part des examens biologiques et radiologiques sont fais chez le privé ?

Les conditions d’accueil, d’hygiène et d’hôtellerie restent pour la plus part des établissements déplorables.

Une absence de coordination entre les différents établissements hospitaliers pour les évacuations des malades et leur hospitalisation se répercute le plus souvent sur le patient, sa famille et sur la gestion des finances publiques.

La qualité de la formation dans le secteur est décriée par tous. Elle est médiocre.

Cette même formation qui continue à se faire sans connaître, les besoins du pays en la matière. Sinon comment expliquer les chiffres avancés dans le plan d’action, alors qu’un nombre important du personnel médical et para médical est en  chômage aujourd’hui. Ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, à contrat déterminé, émargent au pré emploi avec des salaires de misère entre 12000 et 8000. Pourquoi ne pas les recruter puisque vous estimez que les besoins sont encore importants ? N’oubliez pas que c’est l’une de vos promesses électorales.

La gestion des établissements hospitaliers est en deçà des normes requises. Les gestionnaires manquant de formation essayent tant bien que mal à faire face aux différentes contraintes.

S’agissant de la politique du médicament : presque cinq décennies après l’indépendance et nous sommes encore tributaires à 80% de l’importation. Où est la stratégie pour une  production locale

Pourquoi les importateurs des médicaments ne répondent pas à l’une des closes du cahier de charge qui est l’investissement pour justement encourager cette production et réduire la facture de l’importation ?

Pourquoi de la nomenclature des médicaments répond beaucoup plus à des considérations mercantiles qu’à celles de l’intérêt économique du pays ?

Le générique qui est pour le moment le seul moyen de réduire la facture, fait face à des blocages de lobby connus. Certaines sources parlent même de l’absence de contrôle technique de ces médicaments. Que fait alors l’agence nationale du médicament ?

Comment expliquer-vous les fréquentes ruptures de stock ? D’ailleurs ce qui défraye la chronique ces derniers jours, c’est la souffrance des malades atteints de cancers. Nous avons déjà déposé une question orale au Ministre de la santé.

Nous assistons en plus ces dernières années, à une atteinte de l’éthique et la déontologie. Des médecins étrangers viennent opérer chez nous, le week end et repartent chez eux, laissant derrière eux des malades qui nécessitent un suivi. Qui répondra alors à leurs éventuelles  erreurs médicales.

Dans ce cas que fait le conseil de l’ordre ou encore mieux ce dernier a t-il les prérogatives ou les  moyens d’agir.

Monsieur le Premier Ministre ;

Si devant cette situation préoccupante, il faut en urgence mettre en œuvre une politique nationale de santé qui doit identifier et de prendre en charge les grands problèmes de santé, il reste que     la complémentarité entre les secteurs public et  privé est nécessaire, et la nouvelle loi sanitaire annoncée et la carte sanitaire doivent en tenir compte.  Mais, nous sommes plus que jamais pour un secteur public fort et prédominant. L’Etat ne doit pas se désengager. Aux citoyens, de faire le choix.

La solidarité nationale dans ce secteur doit être définie et orientée vers les véritables nécessiteux.

L’obtention de la mobilisation et l’adhésion de toutes les parties concernées, passent inévitablement par un large débat ou vers une conférence nationale qui regroupera l’ensemble des intervenants. Ce à quoi un nouveau système de santé concerté verra le jour.

Monsieur le Premier Ministre,

       La gestion unilatérale et centralisée a montré ses limites. Il vous appartient de donner un nouvel    essor   à ce secteur. A moins que, le fait de pouvoir vous soigner vous et toutes les personnes qui gravitent autour du régime  à l’étranger vous laissent indifférents aux souffrances des algériens.

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