18 mai 2009
Said Sadi au colloque international sur les oppositions dans le monde
Le président du RCD a été invité au colloque international sur les oppositions et les dissidences dans le monde organisé par les Verts européens à Paris le 17 mai 2009.
Venus de Chine, d’Europe centrale, de Palestine ou d’Afrique du nord, les intervenants ont tous salué l’initiative des verts européens qui ont inscrit le thème des dissidences des démocrates face aux régimes totalitaires avant la tenue des élections européennes.
Dans son intervention S. Sadi s’est employé à resituer le combat des démocrates qui ont eu à affronter l’arbitraire du pouvoir, la violence intégriste et l’incompréhension des opinions occidentales au cours des années 90. A noter une évolution importante de la part d’un courant politique qui avait longtemps considéré l’avènement du courant islamiste comme la seule alternative crédible au régime en place. « Avec le recul, on peut comprendre la complexité de cette période historique. Nous avions du refuser la fatalité islamiste en connaissant la délicatesse d’une situation qui pouvait confondre notre position avec celle d’un régime militaire qui nous avait emprisonnés et torturés. »
Avant d’ajouter : « C’est grâce à notre combat, tant décrié ici et ailleurs, que l’Algérie n’a pas été évacuée de l’Histoire. »
Revenant sur la situation actuelle, le président du RCD avertira : « La violation de la constitution, la privatisation de l’Etat et le score stalinien enregistré le 9 avril ne font qu’aggraver une dérive qui passe de statut de crise politique à celui d’une impasse historique. Je crains que les Européens n’aient pas pris la mesure de cette impasse si l’on s’en tient aux premières réactions recueillies après la mascarade qui vient d’humilier notre peuple. »
Poursuivant son développement le président du RCD soulignera : « On aurait tort de ne voir que les implications intérieures dans le marasme algérien. De désastre national qui a perverti un des plus grands combats menés contre la colonisation et pour la modernité, l’Algérie est entrain de devenir une source de déstabilisation régionale.
La régression actuelle installe le pays dans une spirale de violence qui affecte notamment la jeunesse qui fuit l’enfer en se jetant à la mer. Les cadres s’exilent et l’administration ploie sur les pressions claniques et tribales qui déstructurent Etat et société. Cette situation ne peut pas et ne doit pas durer. »
Abordant les mesures qu’appelle la conjoncture, Saïd Sadi mettant tout un chacun devant ses responsabilités déclarera :
« Nous nous battrons encore et toujours en Algérie. Mais la communauté internationale a une lourde responsabilité dans cette problématique. En fermant les yeux, ou pire, en se rendant complice de fraudes électorales dévastatrices, les Européens risquent de précipiter une fin de règne délétère vers un chaos aux conséquences dépassant largement les limites algériennes.
La fatalité qui a enfermé notre destin entre la terreur intégriste et l’autoritarisme du système FLN est en train d’être dépassée. Nous avons besoin de voir la volonté du peuple respectée. La question algérienne n’est pas si compliquée que cela. Des coups d’Etat, auxquels d’ailleurs a régulièrement pris part Bouteflika, ont privé le citoyen de choisir librement ses représentants ; cette absence de légitimité a mené à une prédation sans nom ; prédation qui a produit la crise actuelle. Tant que les fraudes électorales continueront de sévir, l’instabilité pèsera sur l’espace péri saharien et la Méditerranée occidentale.
Les Européens doivent d’ors et déjà se préparer à accompagner l’exigence d’une surveillance internationale des prochaines élections. C’était notre démarche dès le début de l’année 2008. Le pouvoir algérien a refusé la présence d’observateurs en nombre et en qualité. Il ne pourra pas assumer d’autres manœuvres comme celles qui ont caractérisé la dernière élection si la pression internationale relaie les luttes de terrain.
Cette forme de solidarité est nécessaire pour la stabilité et la légitimité de la représentation nationale en Algérie. Cette stabilité, répétons le, conditionne le développement de la Méditerranéeoccidentale et de l’Afrique du nord. » Conclura Saïd Sadi sous un tonnerre d’applaudissements.
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