RCD SKIKDA. المكتب الجهوي. سكيكدة

RCD. Rassemblement pour la culture et la démocratie.Bureau régional de Skikda. Algérie.

20 octobre 2008

La promotion par la confiscation du combat libérateur


Communiqué du groupe parlementaire du RCD

Une campagne de dénigrement est orchestrée à l’encontre du groupe parlementaire du RCD suite au débat télévisé sur le projet de loi de finances 2009.

Pour mieux détourner l’opinion publique de la pénible réalité des citoyens, du bilan des dix dernières années et de l’absence de vision et de programme de développement, des organisations satellites, autoproclamées détentrices du label nationaliste, ont été actionnées, à posteriori, pour stigmatiser et manipuler les interventions des députés du Rassemblement.

Leur diatribe ressemble à s y méprendre à de l’inquisition. Elle marque le refus de répondre aux questions liées à l’arbitraire, la corruption et l’échec économique et social du régime.

Les auteurs de ces commisérations cachent mal, en réalité, leur déficit patriotique. Hier, loin des premières lignes, lorsqu’il fallait payer le prix du sang, nos inquisiteurs d’aujourd’hui s’arrogent la propriété exclusive du nationalisme, maintenant que celui-ci est sans risque  et monnayé en espèces sonnantes et trébuchantes.

Héritiers du sacrifice de leurs parents pour l’indépendance de l’Algérie, les députés du RCD font du combat démocratique le patriotisme d’aujourd’hui. Ils s’inscrivent résolument dans les messages de novembre et de

la Soummam

qui revendiquent un Etat démocratique et social.

Comme dans d’autres guerres de libération, l’Algérie connaît ses rentiers qui ont démissionné au moment décisif. Ceux qui s’agitent aujourd’hui ne sont pas les authentiques moudjahiddines qui sont les premiers scandalisés par la prolifération d’imposteurs qu’ils n’avaient jamais vu à leurs cotés mais des prédateurs grassement payés et qui vivent du sang des martyrs. Ces gesticulations ont également pour but d’étouffer tout débat sur l’affaire des faux moudjahiddines, problème au demeurant reconnu par l’Etat et qui grève lourdement le budget national.

Le rétablissement de la vérité sur le rôle de chacun verrait ces imposteurs perdre leur fonds de commerce et, pour beaucoup, rendre des comptes.

Le recrutement, toujours plus nombreux, de nouveaux « moudjahiddines » signe le refus du régime de construire la société civile et politique sur la base des règles de l’Etat de droit et de l’intérêt national.

Le pouvoir tournera toujours autour de clientèles qui ont souillé et confisqué la guerre de libération pour mieux s’approprier la décision politique et, subséquemment, les richesses nationales. Le ministre chargé des relations avec le parlement est l’étalon de cette promotion par la confiscation du combat libérateur.

Le groupe  parlementaire du RCD

Alger le 19/10/2008

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19 octobre 2008

Le RCD remet le don de ses parlementaires à la population de Ghardaïa

Le mouvement de solidarité du RCD envers la population de Ghardaïa s’intensifie. Une délégation du RCD composée de Tahar Besbas, secrétaire national chargé du social et vice président du groupe parlementaire du parti, de Nouredine Kerrouchi, secrétaire national à la jeunesse et de Arezki AIDER, député, s'est rendue, pour la deuxième fois en une semaine, à Ghardaïa le lundi 15 octobre 2008. Les cadres du RCD ont, à cette occasion, remis le don des parlementaires du parti aux associations de la région. Pour rappel, le RCD a initié, au lendemain des inondations qui ont ravagé la capitale du Mzab, un mouvement de solidarité en faveur des sinistrés de la région. Décision a été aussi prise de remettre toutes les aides du parti directement aux populations de peur qu’elles soient détournées ou fassent l’objet d’une manipulation. Une prédisposition qui s’est révélé fort judicieuse puisque la délégation du parti a eu tout le loisir de vérifier sur le terrain que les aides venants des différentes wilayates ainsi que celles de l'Etat n'arrivaient pas toujours aux victimes des inondations lorsque ce n’e sont  pas des non sinistrés qui en bénéficient.
Les responsables du RCD ont rencontré, lors de cette visite de 03 jours, les sinistrés des communes de Berriane, Ghardaïa, Bounoura et El Attaf. Ils se sont aussi entretenus avec la société civile et les notables de la région. A signaler qu’un chaleureux accueil leur a été réservé par la population et les acteurs de la société civile qui ont reconnu que le RCD est pratiquement un des rares partis politiques à prendre en charge les préoccupations des citoyens.
Pour rappel, le RCD a dépêché, au deuxième jour des inondations, une délégation à Ghardaïa pour s'enquérir de la situation des sinistrés et des dégâts occasionnés par la catastrophe.
 

RCD Alger.

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16 octobre 2008

MENACES A (ET SUR) L’APN


Le président de l’APN a menacé le député Mohcine Belabbas qui demandait un point d’ordre pour mettre un terme aux anathèmes du ministre chargé des relations avec le parlement. Le RCD n’est pas décidé à laisser passer cet outrage sans précédent.

Voici la lettre ouverte destinée au président de l’APN et adressée à toutes les institutions parlementaires auxquelles est affiliée l’APN :

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT

DE L’ASSEMBLEE POPULAIRE NATIONALE

Monsieur le Président,

Le 11 octobre, à l’occasion du débat sur le projet de la loi de finances (LFC), vous avez commis un acte grave et inédit quand, joignant le geste à la parole, vous menaciez le député Mohcine Belabbas qui demandait un point d’ordre pendant que le ministre chargé des relations avec le Parlement s’adonnait à un réquisitoire d’une rare indécence contre notre parti.

Monsieur le Président,

Pour avoir connu les geôles du régime algérien et combattu ses abus, nous savions depuis toujours que le Parlement de notre pays, né de fraudes récurrentes, n’était pas, loin s’en faut, un étalon de démocratie. 

Il reste qu’en matière d’abus, vous avez innové et en relayant la fraude électorale par la menace, vous aggravez les tensions politiques en cette période particulièrement confuse et incertaine.

Pendant qu’un ministre de

la République

, éludant toutes les interpellations adressées à l’Exécutif, déverse jugements et anathèmes contre un parti de l’opposition, vous suivez, impassible, ce lynchage avant de vous rebiffer quand des députés de l’opposition vous demandent d’assumer votre rôle d’arbitre.

Nous vous interpellons publiquement car les informations qui ont filtré sur la genèse de cet incident confirment le caractère prémédité de cette affaire et dévoile la situation délétère dans laquelle évolue l’institution parlementaire algérienne.

Sortant de votre rôle, vous avez repris et commenté de façon tendancieuse la quasi-totalité des interventions du RCD. A l’inverse, vous vous êtes bien gardé de faire la moindre remarque aux autres députés. Il est vrai qu’ils appartiennent tous à la coalition qui soutient le chef de l’Etat.

Plus grave, la veille de l’incident, vous enfonçant un peu plus dans la compromission, vous demandiez en plénière aux membres du gouvernement de « répondre de façon politique » au RCD. 

Enfin, et pour couronner le tout, vous improvisez une séance nocturne pour donner l’occasion à un membre de l’Exécutif connu, pour ses outrances et son zèle,  de relancer la        vieille antienne des régimes populistes qui camouflent leur incurie par l’appel à la mobilisation contre l’ennemi intérieur, relai de l’étranger. Véritable fracture sous-terraine dans la classe politique, l’anti kabylisme - remis à l’honneur depuis une dizaine d’années-  a naturellement servi de toile de fond à la diatribe.

Sur le fond, ces perfidies, à la vérité un peu misérables, ne trompent plus personne en Algérie.

Il y a quarante six ans que la guerre d’indépendance est terminée. Comme nous vous le faisions remarquer en plénière, ceux qui ont accompli leur devoir sont connus et ceux qui sont restés à la marge ou pire qui ont fui leur devoir ne manquent pas une occasion pour afficher un patriotisme vénal d’autant plus bruyant qu’il est aujourd’hui sans risque.

Et le ministre concerné est un exemple type de ce genre d’ignominies.

Monsieur le Président,

Tous les Algériens savent que le pouvoir occulte, c'est-à-dire le pouvoir réel, a condamné notre parti  à ne jamais dépasser dix neuf sièges à l’Assemblée puisque la réglementation exige vingt signatures de députés pour pouvoir introduire une proposition de loi.

Le fait est qu’en l’occurrence la fraude, religion et mécanique du pouvoir, a régulièrement sévi et, en 1997 comme en 2007, le RCD, spolié de son score, a vu, à chaque échéance électorale, son groupe réduit à dix neuf députés.

De quoi a donc peur le pouvoir pour s’engager dans des méandres politiciens aussi puérils ?

Pourquoi une douzaine d’interventions, guidées par le bon sens et le souci de l’intérêt public a-t-elle ébranlé un système qui a usurpé tous les pouvoirs, provoquant un arbitraire sans précédent dans l’Assemblée ?

Il est important de signaler cependant que des parlementaires de votre camp, soucieux de leur crédibilité, n’ont pas associé leur voix à celle de la meute. 

Monsieur le Président,

Nous n’attendions ni engagement démocratique ni prise de risque de votre part. Mais du moins, espérions-nous que votre profession de médecin, impliquant le sens de l’éthique, vous aurait amené à ne pas arriver à l’inadmissible ou plus exactement à ne pas être le premier à  le commettre.

C’est fait.

L’histoire enseigne que les menaces de députés dans les enceintes parlementaires sont des signes avant-coureurs  de la décomposition des régimes.

Finalement vous aurez, à votre corps défendant, précipité la décantation.

En cela votre mandat fera date.

Alger le 12 Octobre 2008.                                                               

Le Président du groupe parlementaire du Rassemblement pour

la Culture

et

la Démocratie

Boubkeur DERGUINI

Copie à:

- Union Interparlementaire (UIP)

- Union Parlementaire Africaine (UPA)

- Union Interparlementaire Arabe (UIPA)

- Conseil Consultatif Maghrébin (CCM)

- Union Parlementaire des Etats Membres de l’Organisation de

la Conférence Islamique

(UPMOCI)

- Assemblée Parlementaire Euro-Mediterranéenne (APEM)

- Assemblée Parlementaire de

la Méditerranée

(APM)

- Parlement Panafricain (PPA)

- Parlement Arabe Transitoire (PAT)

- Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (AP/CE)

- Assemblée Parlementaire de l’Organisation pour

la Sécurité

et

la Coopération

en Europe (AP/OSCE)

- Assemblée Parlementaire de L’organisation du Traite de l’Atlantique du Nord (AP/OTAN)

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13 octobre 2008

DERIVES NOCTURNES A L’ASSEMBLEE

Communiqué du groupe parlementaire du RCD.

La session parlementaire improvisée pour la nuit du 11 octobre 2008, a été marquée par des dérives parlementaires d’une extrême gravité, dans une institution qui n’avait pourtant pas de réputation de rigueur ou de légitimité. En effet, depuis l’entame des travaux sur le projet de Loi de Finances, le Président, oubliant sa mission, se laisse aller à des appréciations tendancieuses sur la quasi totalité des interventions des députés du RCD.

Ce samedi, on comprenait que la session de nuit avait été improvisée pour certains membres du gouvernement, en vue d’offrir au très sulfureux KHOUDRI, ministre chargé des relations avec le Parlement, l’occasion de passer des messages aussi indignes que démagogiques ; messages que le Président de l’Assemblée ne voulait ou ne pouvait plus assumer.

1/ Censé donner le bilan de son département, M. KHOUDRI, se découvre une âme de maquisard de la 25eme heure, et s’adonne à des surenchères nationalistes propres aux individus soucieux de faire oublier un passé trouble.

2/ Sans donner la moindre raison, lui qui avait soutenu le contrat de Rome, insulte le groupe parlementaire du RCD en tentant de jeter le doute sur le patriotisme de ses députés.

3/ Le Président de l’Assemblée qui reste impassible, sinon complice, devant tous ces dépassements affiche, cependant, son autoritarisme en menaçant par le geste et la parole un député du RCD qui demandait - comme le règlement intérieur l’ y autorise – de mettre un terme aux élucubrations de M. KHOUDRI .

Devant tant de partialité et après avoir fait entendre leur voix, les membres du groupe parlementaire quittent l’hémicycle et décident de se réunir dès le 12 octobre 2008 .

Présent dans l’enceinte parlementaire face à des groupes politiques clientélisés, promus par la fraude électorale et sommés de couvrir et d’assumer toutes les outrances de l’Exécutif, le RCD continuera son combat avec autant de vigueur sur le terrain et dans les institutions. Il est et restera le représentant vigilant de ceux qui savent que l’Algérie mérite un autre Parlement et qu’il est du devoir de chacun de s’élever contre toute forme d’arbitraire, notamment lorsqu’il porte atteinte à la dignité des institutions de la République.

Alger, le 11/10/2008

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11 octobre 2008

INTERVENTION DE SAÏD SADI SUR LE PROJET DE LA LOI DE FINANCES 2009

L’analyse du projet de la loi de finances qui nous est présenté n’apporte pas d’informations en termes de développement mais éclaire considérablement sur les intentions politiques du régime.

Compte tenu de l’usage fait de ces institutions, les augmentations des budgets des ministères de l’intérieur, des moudjahidines et de la solidarité nationale  renseignent sur les politiques autoritaristes et clientélistes  qui attendent le pays.

Par ailleurs, la muraille administrative que propose ce projet à travers la multiplication de nouvelles wilaya sur nos frontières donne un aperçu sur le positionnement géostratégique régional du pouvoir.

Pour le reste, il suffit de voir comment les propositions alternatives de l’opposition démocratique sont détournées et manipulées pour comprendre que le système politique gère sa pérennité au détriment de la nation.

Au lieu de mettre un système politique au service du pays, les dirigeants mettent l’Algérie au service du régime.

Listing de turfiste de luxe qui engage les ressources familiales dans des mises sans en suivre les résultats, le projet de la loi de finances 2009 ne déroge pas à la règle des annonces sommaires, expéditives et surtout incohérentes qui sont présentées à l’Assemblée depuis maintenant 10 ans.

On peut d’ailleurs dire que, comme toutes les années précédentes, nous aurons droit à une loi  des finances complémentaire car il est bien évident que ni les chiffres ni l’évaluation des besoins présentés dans ce document ne sont fiables.

Lorsque l’on a une approche exclusivement rentière de la gestion nationale, on peut comprendre la phrase prononcée récemment par l’un des tous premiers responsables de la finance algérienne qui résumait la situation des affaires publiques par ces mots : «  nous pouvons être tranquilles, nous avons de quoi dépenser pour trois ans. »

Et comme les autres années, cette assemblée va, une fois de plus, violer

la Constitution

puisque nous débattons d’un sujet dont le préalable est la présentation du bilan de l’exercice précédent ; bilan que personne n’a vu.

Mais comme l’ancien chef du gouvernement est parti sans avoir présenté son bilan et que l’actuel n’a pas estimé utile d’exposer son programme devant l’assemblée, il n’y a pas de raison que l’on change à l’occasion d’un projet de la loi des finances des pratiques qui sont à la fois l’expression et le fondement d’un régime politique qui se pose en héritier tutélaire de la nation.

Ce n’est donc pas ce que contient comme données chiffrées ni objectifs économiques ce projet de loi qui est important à considérer mais le message politique qu’il délivre : il n’y aura ni rigueur dans l’étude, ni transparence dans la gestion, ni contrôle dans l’exécution de l’action gouvernementale et sur le plan international, la tendance est plus que jamais au repli sur soi ; c'est-à-dire à une prédation jouée à guichet fermé.

Les catastrophes ont beau se succéder, le système est toujours là, avec ses troupes interchangeables, cyniques et incompétentes.

- Al Qaida ensanglante le pays en actionnant des éléments recyclés en kamikazes par  la funeste réconciliation nationale , les responsables refusent le réel et cultivent la fuite en avant. Le chef du moment doit être glorifié quitte à le vilipender quand il  a le dos tourné ou le vouer aux gémonies quand il ne sera plus en poste.

- Les désastres de Boumerdes, de Bab el Oued ou du port d’Alger ont beau endeuiller le pays, il n’y a ni vrais responsables ni vrais coupables ni même démission. Les agents en cause sont de la secte, ils sont intouchables.

- Quand les gendarmes exécutent des jeunes en Kabylie, la justice s’évanouit et le gouvernement distribue des enveloppes d’argent pour faire sécher le sang.

- Pourquoi s’étonner de la terrible et désolante incurie de l’administration dans la wilaya de Ghardaïa lors des dernières inondations ? Du point de vue du régime le wali, issu de la tribu élue, exécute convenablement son mandat.

N’a-t-il pas persécuté, dès le premier jour, le président d’APC de Beriane parce qu’il est militant du RCD ?

N’a-t-il pas réveillé la fitna au Mzab et laissé des dizaines de familles qui ont fui leur demeure sur le bord des routes en plein été dans le désert ?

Le régime n’installe pas des commis de l’Etat pour respecter et faire respecter la loi, écouter le citoyen et veiller à la stabilité et la crédibilité des institutions ; depuis dix ans les agents de l’Etat sont missionnés pour consolider les sectes au pouvoir, réprimer et spolier.

Pas une proposition qui relève du développement n’est inscrite dans une mise en perspective qui enchaîne les phases de conception, de programmation, d’exécution, d’évaluation et de finalisation.

Pendant que le monde se cherche de nouveaux repères et concepts de gestion, une soviétisation économique digne des années 70, vient d’être annoncée par le nouveau chef du gouvernement. Assimilant bureaucratie et régulation du marché, l’initiative ne peut même pas s’appuyer sur un appareil permettant d’encadrer sa réalisation. Plus grave et dévoilant une navigation à vue dévastatrice, elle renie  toutes les postures d’ouvertures affichées pendant les années précédentes et qui, elles, relevaient en fait de l’économie de bazar.

Pourtant, nous avons à faire au même personnel, au même régime et nous sommes, en principe, face au même programme. Chaque fois que l’on interpelle les responsables sur le sens et la portée de leurs actions, la réponse est invariable : nous sommes là pour appliquer le programme de son Excellence le président de

la République.

Mais que propose donc ce programme ?

Le laxisme qui a livré l’économie nationale à des aventuriers étrangers pendant des années ou les bravades collectivistes qu’on nous propose aujourd’hui ?

Ce peut être l’un ou l’autre mais en aucune façon les deux à la fois.

Un programme qui propose une chose et son contraire, sans bilan ni explication, ne peut être, dans le meilleur des cas, qu’un catalogue de slogans soumis aux aléas des appétits clientélistes.

Actuellement, on nous assure avec un aplomb d’une rare indignité que nos placements à l’étranger échappent à la crise financière qui déstabilise le monde.

Cette arrogance n’est pas nouvelle.

J’étais prisonnier à Lambèse en janvier 1986 quand El Moudjahid ouvrait sa « une » sur une annonce qui décrétait que l’Algérie ne serait en aucune façon affectée par la crise des hydrocarbures de l’époque. Deux années plus tard le sang coulait dans les rues d’Alger et le pays se trouvait en quasi banqueroute.

Aujourd’hui, un pays dont les recettes en devises dépendent à plus de 98% des hydrocarbures échapperait à un contexte mondial délétère qui a ébranlé toutes les places financières où nous avons placé nos avoirs.

On n’est plus dans l’incompétence ou la censure mais bien dans l’escroquerie institutionnelle, voire la forfaiture.

Il n’y a pas si longtemps, on nous annonçait sur un ton que beaucoup croyait être de la dérision que la grippe aviaire ne toucherait pas notre pays. Des citoyens décèdent et aucune étude épidémiologique n’est faite pour évaluer l’incidence de ce fléau sur notre pays.

Autre domaine, on vient de faire voter une loi fixant les conditions et modalités de concession des terrains relevant du domaine privé de l’Etat .A ce jour, le pays n’a  pas engagé le moindre débat sur le foncier agricole et industriel. Jamais l’aménagement du territoire qui doit déterminer la répartition , l’occupation et l’usage de l’espace rural et urbain n’a figuré au menu des grandes discussions nationales.

A ce propos et, pour bien montrer que la prospective et l’anticipation des grands dossiers sont le cadet des soucis du pouvoir, l’actuel projet de loi des finances nous apprend que l’aménagement du territoire se voit alloué une enveloppe de 5 milliards de dinars alors que le ministère de la solidarité nationale, c'est-à-dire celui du troisième mandat, est doté de la somme de 85 milliards de dinars soit 17 fois plus.

Boudiaf disait l’Algérie avant , l’actuel pouvoir répond : la corruption avant à chacun ses priorités.

Aucune réforme structurelle n’apparaît dans ce texte. Sur ce registre, la recette du pouvoir est maintenant bien rodée et reste invariable : se saisir,  pour mieux les polluer, des propositions de l’opposition démocratique.

Pendant que le RCD dit et répète que l’époque des concentrations administratives et des monopoles politiques est historiquement condamnée et qu’il appelle à une régionalisation pour manager les institutions par la démocratie de proximité, le pouvoir répond par un démembrement territorial inspiré par les doctrines sécuritaires et la distribution de la rente.

Le nouveau découpage ne concernera, en effet, que les régions frontalières et celles dont les recettes fiscales peuvent élargir le cercle des clientèles.

La concentration administrative à nos frontières signifie que le pouvoir algérien n’est pas dans la perspective de la construction de la fédération des Etats nord-africains annoncée par la conférence de Tanger en 1958.

Sur le registre parlementaire, dès le début de la mandature, le RCD avait appelé à la réalisation d’un siège pouvant abriter une représentation nationale digne de ce nom. Nous avions également demandé que le parlementaire dispose d’un bureau pour étudier ses dossiers et écouter ses concitoyens, qu’il puisse ouvrir une permanence animée par un attaché parlementaire capable d’enregistrer les doléances de sa circonscription pendant qu’il est en session.

Une fois de plus, une demande démocratique est pervertie. La réponse sera une augmentation insultante du salaire du député au moment où le monde du travail et les retraités voient leur pouvoir d’achat fondre quotidiennement.

Comment trouver lisibilité et cohérence dans un projet de la loi de finances inspiré par une culture politique fondée sur la rapine, la cooptation et le clientélisme.

Opacité, arbitraire, corruption, tribalisme et improvisation sont plus que jamais les marques de fabrique du système.

En vérité, ce projet de loi est un financement implicite d’une révision humiliante de

la Constitution

et de la fraude électorale annoncée si les choses restent en l’état ; c'est-à-dire, et on ne le répétera jamais assez, si nous ne soumettons pas tous les prochains scrutins à une surveillance internationale massive et qualifiée en attendant la construction d’une administration impartiale.

Beaucoup s’interrogent sur les raisons qui ont conduit un système politique à détruire un pays qui pouvait être l’une des réussites démocratiques les plus accomplies dans le sud.

Le calcul du régime est simple. Pour rester au pouvoir en toute impunité, les dirigeants ont dévitalisé le pays en privant le peuple algérien des ses élites réduites à émigrer en masse et de toute possibilité d’organisation autonome.

Il suffit de voir le traitement réservé à notre communauté émigrée, au moment où tous les Etats impliquent leur diaspora dans le développement national,  pour mesurer l’ampleur du rejet des compétences et des opinions qui refusent la soumission.

Monsieur le président,

Messieurs les membres du gouvernement,

Nous savons bien que notre démarche vous semble naïve, qu’elle agace ou, pire, qu’elle suscite en vous cynisme ou mépris. Surs d’avoir anéanti le peuple et brisé l’Algérien par la peur et la faim, vous vous sentez forts et seuls sur scène. Vous vous trompez.

Tous les régimes qui ont investi l’arbitraire et la corruption comme levier de leur stratégie ont fini dans la poubelle de l’Histoire.

Par ce que nous sommes des militants conséquents avec leurs convictions ;

Par ce que c’est dans les périodes de régression morale qu’il faut veiller à préserver la dignité de

la Nation

,

Par ce que les générations futures doivent savoir que même quand la cupidité et la peur ont soumis la nation, il y a eu des femmes et des hommes qui ont gardé le sens de l’honneur ;

Nous voterons contre ce financement inavoué d’une révision de

la Constitution

qui renie l’Algérie de novembre et de

la Soummam

, humilie l’Algérie de

la Résistance

républicaine et hypothèque l’avenir de

la Nation.

A vous les hydrocarbures à nous l’Histoire.

      Merci.

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06 octobre 2008

Ghardaïa

              Ghardaïa: don de 52,5 millions des parlementaires du RCD

Le groupe parlementaire du RCD vient de se distinguer par un geste de solidarité  en faveur de la population de Ghardaïa victime le 01 octobre 2008 d’inondations meurtrières. Chaque parlementaire du Rassemblement fera un don de 25 000 DA. L’instrumentalisation de la solidarité étant une seconde nature chez le régime, le RCD tient à s’assurer la destination finale de ce don en le remettant directement aux sinistrés. Voici le contenu intégral du communiqué du groupe parlementaire: 

                                                                 Communiqué :
En solidarité avec la population de la ville de Ghardaïa, qui a connu de graves sinistres, le groupe parlementaire du RCD, tout en s’inclinant devant la mémoire des victimes, a décidé d’une action solidaire en faveur de ces victimes de l’ordre de 25.000,00 DZD par parlementaire.
Pour des raisons d’efficacité et d’évitement de toute manœuvre de manipulation, le groupe du RCD va remettre directement la somme aux sinistrés. Eu égard à la défaillance de l’Etat et aux traditions d’instrumentalisation de la solidarité, dont le ministère de tutelle en est l’expression la plus caricaturale, le RCD tient à s’assurer de la destination finale de cette aide.  Dans la logique de cette démarche, le RCD a décliné la sollicitation du Président de l’APN pour un don solidaire de cette institution évaluée à 20 000 DA par député.
Du reste, une lettre dans ce sens, date du 05 octobre 2008, a été remise au Président de l’APN.
Concernant la Loi de finances, le groupe tient à dénoncer le temps très largement insuffisant, soit 3 jours, pour débattre de ce texte. Cette occurrence nous rappelle, une fois de plus, la dévalorisation du Parlement devant l’Exécutif et souligne en même temps le peu de moyens de cette institution devant la toute puissance de l’Administration mise sous tutelle et au service exclusif du Gouvernement.

Alger, le 06/10/2008

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